Comment s’articulent aujourd’hui, sur le terrain et dans le travail de légitimation, l’idée d’assistance humanitaire - propre au droit international humanitaire -, le droit international de coexistence pacifique - lié à la stabilité et à la sécurité internationales - et enfin le droit international des droits de l’homme qui se réalise dans la tension entre quatre des principes constitutionnels du droit international, à savoir le principe de non-intervention et le principe de prohibition du recours à la force, par lesquels le principe de souveraineté est protégé, et enfin le principe de défense des droits des l’homme ? Dans un ordre mondial qui fonctionne sur un système économique, politique et culturel structurellement injuste qui n’accorde de fait que peu de valeur à la vie des deux tiers de l’humanité, les interventions humanitaires avec recours à la force pour tenter de mettre fin à d’importantes violations des droits de l’homme ou sauver la vie des victimes de catastrophes posent question à de multiples niveaux. D’autant plus lorsque les opérations sont décidées par ceux qui, d’une façon ou d’une autre, contribuent au maintien d’un ordre international excluant, en dépit des arguments de légalité mobilisés pour justifier de telles actions. Il convient dès lors d’établir les conditions de réalisation d’un véritable travail d’assistance humanitaire et de défense des droits de l’homme, sans recours à la force armée, comme processus d’ouverture et de consolidation d’espaces de lutte pour la vie et la dignité humaine
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