This article aims to show how the Japanese have observed the suburbs of France for thirty years, and examine how they “translated” the suburbs, that is to say how they made it understandable beyond its reported surface, by resorting to literature. Japanese literature discovered new values in the suburbs of Tokyo brought by the translation of Western literatures: the wood-walk is inspired by Turgenev and based on a new sensitivity towards nature, and the middle-class children are surrounded by care in the family as told in English children’s literature. Currently, Japanese translators of the French suburbs’ literature are trying, on the one hand, to present the breath of people living there that scientific research as media cannot grasp, but they cannot shirk, on the other hand, to use notes to help readers understand the sociological context of the works. Towards the suburbs (1995) of Horie Toshiyuki is conceived, according to the author, to represent the “position” of the Parisian suburbs, while the translation of Le petit Malik by Mabrouck Rachedi (2008) is made to convey the voices of the suburbs. Rachedi fully brings the sociocultural conditions of the suburbs in his book and this trend is accentuated by the annotated translation. Horie, on the other hand, drops the sociological situation by translating the suburbs of Paris into the impressions of landscapes procured by the bookish detours. The suburb thus remains a place in the making, where the walkers are wandering in daydreams, and the translation is a common place where the meaning is suspended and questioned.
Cet article vise à montrer comment les Japonais ont observé la banlieue de France au cours des trente dernières années. Il vise également à examiner comment ils ont « traduit » la banlieue, c’est-à-dire comment ils l’ont rendue compréhensible au-delà de sa surface médiatisée, en recourant à la littérature. La littérature japonaise a découvert de nouvelles valeurs dans la banlieue de Tokyo à travers la traduction des littératures occidentales : la banlieue représente un lieu de promenade inspiré par Tourgueniev et basé sur une nouvelle sensibilité envers la nature, ou encore le lieu où les enfants de la classe moyenne sont entourés de soins familiaux, comme le raconte la littérature anglaise pour enfants. Les traductrices japonaises de la littérature de banlieue française tentent de présenter les souffles des personnes qui y vivent, que les recherches scientifiques ou les médias ne sauraient saisir, mais elles ne peuvent s’empêcher, par ailleurs, d’insérer des notes dans leurs traductions pour aider les lecteurs à comprendre le contexte sociologique des oeuvres. À titre d’exemple, Vers la banlieue (1995) d’Horie Toshiyuki est conçu, selon l’auteur, pour représenter la « position » de la banlieue parisienne, tandis que la traduction du roman Le petit Malik de Mabrouck Rachedi (2008) est réalisée pour transmettre les voix de la banlieue. Rachedi aborde pleinement les conditions socioculturelles de la banlieue dans son ouvrage et cette tendance est accentuée par l’apparat de notes dans la traduction. Horie, en revanche, laisse de côté la situation sociologique en traduisant la banlieue de Paris dans les impressions de paysages procurées par les détours livresques. La banlieue reste ainsi un lieu en devenir, où les promeneurs s’égarent en rêveries, et la traduction est un lieu de partage où le sens est suspendu et remis en question.
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