La presente tesis doctoral se inscribe en el ámbito de los estudios sobre el cambio lingüístico en francés contemporáneo y tiene como objetivo principal analizar la llamada chute du ne, es decir, la omisión del marcador preverbal ne en la expresión de la negación. Aunque este fenómeno ha sido ampliamente documentado en el discurso libre, especialmente en contextos orales o próximos a la oralidad, su comportamiento en el discurso fijado ha recibido hasta ahora una atención limitada. Esta investigación se propone, por tanto, ampliar el campo de observación mediante el estudio de la omisión de ne en unidades fraseológicas negativas, concretamente locuciones verbales y paremias. Desde un enfoque empírico y corpus-driven, el trabajo se apoya en un corpus de francés escrito informal con rasgos de oralidad, compuesto por blogs, foros y comentarios digitales, explotado mediante la herramienta de gestión de corpus Sketch Engine. Los resultados muestran que la omisión de ne no constituye un fenómeno marginal en el discurso fijado, sino que se encuentra sólidamente implantada, aunque de manera selectiva. En el caso de las locuciones verbales, la variación es elevada y se concentra en unidades altamente fijadas y frecuentes, donde la forma sin ne tiende a estabilizarse. En las paremias, por el contrario, la omisión es globalmente más limitada, pero aumenta de forma significativa cuando la negación forma parte integrante del molde proverbial y cuando la función pragmática del enunciado es exhortativa o normativa. El análisis pone de relieve que la omisión de ne depende de la interacción entre factores estructurales, fraseológicos y pragmáticos, más que de variables morfosintácticas aisladas. En este sentido, la fijación emerge como una variable clave para explicar la difusión del fenómeno en el discurso fijado. La tesis contribuye así a una comprensión más matizada de la chute du ne, integrando la fraseología en los modelos explicativos del cambio lingüístico y mostrando que el discurso fijado no es ajeno a las dinámicas evolutivas del francés contemporáneo.
This doctoral thesis is situated within the field of research on linguistic change in contemporary French and aims primarily to analyse the so-called chute du ne, that is, the omission of the preverbal marker ne in the expression of negation. Although this phenomenon has been extensively documented in free discourse, particularly in oral or speech-like contexts, its behaviour in fixed discourse has so far received limited scholarly attention. This research therefore seeks to broaden the scope of investigation by examining the omission of ne in negative phraseological units, specifically verbal idioms and proverbs. Adopting an empirical, corpus-driven approach, the study is based on a corpus of informal written French displaying features of orality, composed of blogs, forums, and digital comments, and analysed using the Sketch Engine corpus management tool. The results show that the omission of ne is not a marginal phenomenon in fixed discourse, but rather one that is firmly established, albeit in a selective manner. In the case of verbal idioms, variation is high and concentrates on highly fixed and frequent units, in which the form without ne tends to stabilize. In proverbs, by contrast, omission is globally more limited, but increases significantly when negation is an integral part of the proverbial pattern and when the pragmatic function of the utterance is exhortative or normative. The analysis highlights that the omission of ne depends on the interaction between structural, phraseological, and pragmatic factors rather than on isolated morphosyntactic variables. In this respect, fixation emerges as a key variable for explaining the diffusion of the phenomenon in fixed discourse. The thesis thus contributes to a more nuanced understanding of the chute du ne, integrating phraseology into explanatory models of linguistic change and showing that fixed discourse is not immune to the evolutionary dynamics of contemporary French.
Cette thèse doctorale s’inscrit dans le champ des études sur le changement linguistique en français contemporain et a pour objectif principal d’analyser la chute du ne, c’est-à-dire l’omission du marqueur négatif préverbal ne dans l’expression de la négation. Bien que ce phénomène ait été largement documenté dans le discours libre, notamment dans des contextes oraux ou proches de l’oralité, son comportement dans le discours figé a jusqu’à présent fait l’objet d’une attention plus limitée. La présente recherche se propose donc d’élargir le champ d’observation par l’étude de l’omission de ne dans des unités phraséologiques négatives, en particulier les locutions verbales et les parémies. S’inscrivant dans une approche empirique et corpus-driven, le travail s’appuie sur un corpus de français écrit informel présentant des traits d’oralité, constitué de blogs, de forums et de commentaires numériques, exploité à l’aide de l’outil de gestion de corpus Sketch Engine. Les résultats montrent que l’omission de ne ne constitue pas un phénomène marginal dans le discours figé, mais qu’elle y est solidement implantée, bien que de manière sélective. Dans le cas des locutions verbales, la variation est élevée et se concentre dans des unités fortement figées et fréquentes, au sein desquelles la forme sans ne tend à se stabiliser. En revanche, les parémies présentent un comportement globalement plus conservateur, même si les taux d’omission augmentent de façon significative lorsque la négation fait partie intégrante du moule proverbial et lorsque la fonction pragmatique de l’énoncé est de nature exhortative ou normative. L’analyse met en évidence que l’omission de ne dépend de l’interaction entre des facteurs structurels, phraséologiques et pragmatiques, plutôt que de variables morphosyntaxiques isolées. À cet égard, le figement apparaît comme une variable centrale pour expliquer la diffusion du phénomène dans le discours figé. La thèse contribue ainsi à une compréhension plus nuancée de la chute du ne, en intégrant la phraséologie aux modèles explicatifs du changement linguistique et en montrant que le discours figé n’est pas étranger aux dynamiques évolutives du français contemporain.
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