Sous la pression d’un environnement économique de plus en plus compétitif et imprévisible, d’un marché du travail polarisé, de difficultés budgétaires croissantes et de marchés financiers en quête de placements rentables, les systèmes d’enseignement supérieur tendent à évoluer vers une plus grande différenciation, vers plus de flexibilité, vers plus d’instrumentalisation au service de la compétition économique et, ultime point de convergence de ces trois tendances, vers la privatisation marchande. De puissants groupes de pression et organisations internationales encouragent cette évolution en créant les conditions réglementaires qui la facilitent. L’ensemble de ce processus se trouve en outre favorisé par la diffusion d’une puissante idéologie, dite néolibérale, qui est à la fois le produit et la condition nécessaire du vaste mouvement de globalisation marchande frappant désormais tous les aspects de la vie sociale. Ces tendances dans le champ de l’enseignement supérieur s’inscrivent dans une dynamique délétère, touchant les systèmes éducatifs dans toutes leurs dimensions : le passage de l’ère de la «massification» à l’ère de la «marchandisation». Le processus est en cours au Nord comme au Sud, là où ses effets creusent les écarts entre élites globalisées et majorités exclues. Tant la mission que les contenus de l’université s’en trouvent altérés.
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