Lérida, España
La escritura de Annie Ernaux ha sido considerada como uno de los exponentes actuales de la autoficción. El presente estudio pretende mostrar cómo en la experiencia del yo el espacio juega un papel determinante en tanto que testigo privilegiado de sentimientos y sensaciones de los protagonistas. Destacan tres dimensiones del espacio recreado por Ernaux: la sociológica, que interpreta el lugar en clave de fenómeno social con las interacciones y procesos de cambio propios de cada colectivo; la pragmática, que sitúa en el espacio el origen de un habitus cultural; la prospectiva, según la cual ciertos sitios revisten una habitabilidad psíquica y onírica, fruto de los anhelos e inquietudes de la autora. Ya sean espacios íntimos, ya sean colectivos, los sitios creados por Ernaux incomodan puesto que cuestionan al individuo en lo relativo a su pertenencia, su lugar y, en definitiva, su esencia.
Annie Ernaux's work is considered as a current manifestation of autofictional writing. This study aims to show the extent to which, in the experience of the self, space plays a decisive role as a privileged witness to the feelings and sensations of the protagonists. Three dimensions of the space Ernaux recreates are identified: the sociological, which interprets place as a social phenomenon that harbours the interactions and processes of change inherent in each collective; the pragmatic, which identifies space as the origin of a cultural habitus; and the prospective, according to which certain places have a psychic and dreamlike habitability, the fruit of the author's aspirations and preoccupations. Whether intimate or collective, the spaces created by Ernaux are uncomfortable because they question the individual's sense of belonging, place and, ultimately, essence.
L’œuvre d'Annie Ernaux est considérée comme une manifestation actuelle de l'écriture autofictionnelle. Cette étude vise à montrer à quel point, dans l'expérience de soi, l'espace joue un rôle déterminant en tant que témoin privilégié des sentiments et sensations des protagonistes. Trois dimensions de l'espace recréé par Ernaux sont repérées : la sociologique, qui interprète le lieu comme un phénomène social qui abrite les interactions et les processus de changement inhérents à chaque collectif ; la pragmatique, qui relève dans l'espace l'origine d'un habitus culturel ; la prospective, d’après laquelle certains lieux ont une habitabilité psychique et onirique, fruit des aspirations et des préoccupations de l'autrice. Qu'ils soient intimes ou collectifs, les espaces créés par Ernaux sont inconfortables parce qu'ils interrogent l'individu sur son appartenance, sa place et, enfin, son essence.
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