Loin de marquer une limite du langage en confrontant à leurs alter(c)ations réciproques l´humain et le système, l´énonciation, telle que la pense Benveniste, est précisément ce que le langage doit présupposer comme battements pour signifier, et signifier comme (im)pulsions pour identifier. D’où les si troublantes circumductions de la théorie benvenistienne de l´énonciation, comme la langue, toujours refaites sur elles-même par l´introjection du sujet passionnel dans le sujet performant ou les recouvrements du sémiotique par le sémantique, que l´on explorera ici. En référence aux sidérantes lectures « au ras des textes » arpentées par Claudine Normand, on pointera alors l´entrelacement du rêve dans l´extrême rationalisation benvenistienne de l´énonciation, rêve tremblé d´une sourde théurgie du langage qui en fait la seule transcendance, sans pour autant que son sujet cesse de se voir exister avant et après son incarnation toute discursive.
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