Retrempant son imaginaire de la langue dans le creuset des éléments premiers, Vénus Khoury-Ghata entrelace pour ce faire un mythe personnel, dont l’origine est familiale, et la tradition multiséculaire du « liber mundi ». L’article traverse l’œuvre de la poète en mettant au jour les renversements dont cet imaginaire du « liber mundi » est l’objet : remise en question d’une origine figée, perte de l’unité, abandon du sacré. Ces renversements définissent toutefois la vocation de l’écriture poétique pour Vénus Khoury-Ghata : la poésie se charge de faire naître des échos entre mots et choses, d’entrelacer amoureusement les significations et les saveurs, et de définir ainsi une nouvelle forme d’échange – sur fond de conflit et de fragilité.
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