Arrondissement de Grasse, Francia
A la base de la quintessence du chaos dynamique, se trouve l’étude approfondie des systèmes dynamiques, systèmes dont l’évolution temporelle est décrite par un nombre fini d’équations déterministes. Plus précisément, le chaos dynamique possède sa source formelle dans la propriété de non-intégrabilité de ces systèmes. Dès lors, sa signification profonde trouve un fondement dans son essence mathématique. Partant, l’article présente une analyse de la signification du chaos qui permet d’instruire et structurer trois différents niveaux : (1) une simple limite de prédictibilité définit un premier niveau, celui d’une imprédictibilité pratique, à défaut d’analyses complémentaires; (2) une propriété interne à un système dynamique, dûment établie et conduisant à un comportement chaotique, définit un niveau supérieur, celui d’une imprévisibilité signant un comportement particulier du système ; (3) cette propriété interne au système est vérifiée dans le réel représenté par le système, l’imprévisibilité traduit la dynamique immanente de la réalité. A ce niveau le plus fort, le chaos signifie en profondeur un facteur naturel de déploiement et d’auto-exploration des possibilités dynamiques de la nature. De ce fait, l’article met en lumière les éléments d’une articulation cohérente du chaos à la complexité croissante de la nature. En outre, par cette saisie structurée du chaos, l’article montre comment l’intelligibilité du chaos introduit une claire distinction entre déterminisme et prédictibilité. En rompant avec la vieille alternative « hasard ou nécessité », l’épistémologie du chaos déterministe ouvre une voie innovante pour une philosophie renouvelée de la nature, à base de déterminisme ne contenant plus l’impératif de prédictibilité quantitative. Mais l’inférence chaotique est en soi une qualité prédictible du comportement dynamique. L’épistémologie du chaos montre en cela l’aspect qualitatif de la science. Par suite, l’imprédictibilité ne renvoie plus nécessairement à l’indéterminisme. L’empire du hasard perd des parts de territoire, les rapports du déterminisme naturel et de la question de la causalité s’affinent au profit de la compréhension de l’immanence. L’élaboration de la complexité en puissance intervient comme une possibilité sans prédétermination, ni indétermination totale et motrice.
© 2001-2026 Fundación Dialnet · Todos los derechos reservados