Dans son 'Journal', Julien Green insiste fréquemment sur sa fondamentale dualité et, dans son œuvre, cette caractéristique produit une fracture de son imaginaire et de l’univers romanesque qui l’exprime. Dans plusieurs de ses œuvres, théâtrales ou narratives, on observera la réitération d’un dualisme psychologique et dramatique dont la source est l’imaginaire du Sud dont on trouve le parangon dans la pièce justement intitulée Sud. Dans les romans, en particulier dans Le Visionnaire, cette thématique informe un dédoublement de l’espace romanesque où se heurtent les décors horribles d’un réel accablant et les échappées éphémères d’un espace mythifié. Cette configuration de la composition greenienne offre la possibilité d’une lecture de cet univers romanesque comme palimpseste spatial où se superposent sans cesse l’espace d’ « âmes mortes » vides d’espoir et accablées d’ennui et d’âmes vivantes aspirant douloureusement à un ailleurs fascinant et insaisissable.
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