Huelva, España
L’Espagne du 'magnifique' et de l’'horreur' de Julien Green est une Espagne où les contradictions d’un être et d’un pays se rencontrent sur un fond d’Islam resplendissant et de christianisme envahissant. Dans un pays marqué par la transition postfranquiste, Julien Green voyage de la Castille austère à la douce Estrémadure, puis reviendra vers l’Andalousie, terre d’illusions, de rêves et de beauté éblouissante. D’une Madrid qui lui semble trop bruyante au silence des rues de Séville, des espagnolades de Tolède qui l’agacent à la féerie de l’Alhambra nocturne, il ne cesse de passer de l’admiration à l’horreur, comme envoûté par les vues extrêmes de l’Espagne. Tout prend alors un double sens, le mysticisme douteux du Greco, les tons clairs de Goya pourtant si sinistres, l’effrayant réalisme d’une Sainte Thérèse en cire et jusqu’à l’Inquisition de Torquemada presque dépassée par l’horreur du franquisme incarnée par le calvaire de Lorca, poète assassiné, qui devient le symbole du magnifique sacrifié par l’horreur.
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