Le cas du cimetière de Nis, en ex-Yougoslavie, pourrait constituer un bon exemple de la complexité de la situation des cimetières juifs en Europe de l’est. Il s’agit d’un cimetière sépharade de plus de 1 000 tombes, qui comporte de nombreuses pierres tombales aux inscriptions cabalistiques très intéressantes et très rares. L’anéantissement total de la communauté juive pendant l’occupation nazie et la confiscation du cimetière par le gouvernement communiste ont entraîné un processus d’abandon (Note à l’éditeur : INSÉRER LA DATE). Une communauté de Roms s’est emparée du lieu et s’y est installée, logée dans l’oratoire et les tombes. À la fin des années 1990, un responsable de la communauté juive de Bosnie se mit à protester contre cette profanation. Des intellectuels juifs joignirent leurs voix à la sienne pour obtenir du gouvernement le déménagement de la colonie tzigane. Il fallut plusieurs années de campagne internationale et le travail d’un groupe de volontaires pour nettoyer le cimetière et engager sa restauration. L’impression de vandalisme scandaleux est amplifiée par la présence des tziganes. Une minorité persécutée occupe de manière choquante l’espace sacré d’une autre minorité persécutée.
© 2001-2026 Fundación Dialnet · Todos los derechos reservados