Depuis les travaux de C. Geertz (1963) consacrés aux systèmes rizicoles indonésiens, on a souvent présenté la culture inondéenne du riz comme un modèle de spécialisation agricole, par opposition à la riziculture sèche sur essarts. Ce point de vue résulte cependant d'une focalisation sur les seuls aspects productifs de la rizière, négligeant le fait que celle-ci constitue un espace polyvalent associant agriculture, aquaculture, capture de petits animaux et collecte de plantes sauvages. Le présent article réexamine de façon critique la thèse de Geertz considérant la rizière comme un « écosystème spécialisé », à la lumière de matériaux ethnographiques recueillis parmi un peuple de montagnards du sud-ouest chinois cultivant le riz en terrasses irriguées. Dans un contexte écologique marqué par un déboisement massif du couvert forestier originel, la cueillette continue de jouer un rôle économique non négligeable.
Rice fields, a "specialized ecosystem"? An example in southwestern China. -- Since C. Geertz's (1963) study of Indonesian rice-growing systems, irrigation has often been presented as a module of agricultural specialization in contrast with dry rice-farming on cleared land. However, this point of view results from focusing exclusively on the productive aspects of paddy lands while overlooking the fact that they form a polyvalent space associating agriculture, fish-farming, the catching of small animals and the gathering of wild plants. Geertz's thesis of rice fields as a specialized ecosystem is critically re-examined in the light of field work among a people who dwell in the mountains of southwestern China and grow rice on irrigated terraces. In an environment marked by massive deforestation, gathering activities still play a not-to-be-omitted economic role.
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