Domesticating space and matter in a saharan context.
This text investigates the complex and dynamic relationship between Saharan people and sand. It takes the domestic space of the nomadic pastoralists of the Mauritanian desert as a privileged place to observe the interactions between bodies, objects and ambient matter. The article aims at understanding what « dealing with » the sand involves in terms of technological choices, motor behaviours and material adaptations within the minimal family unit that is the tent. While the domestication of this matter expresses a specific representation of the environment and implies protection rituals, it especially mobilizes “savoir-vivre” or know-how that people learn in their childhood in everyday contact with the sand, but also through the mediation of objects designed for life in or on the sand (importance of woven artefacts and objects with a rounded base). This ambient matter, either solid or flexible, or even liquid, in association with other requirements such as the need for mobility, gives rise to a specific material culture shared by the north-west Saharan bedouin society. Recent sedentarization and urbanization have tended to erase this particular lifestyle, putting sand in competition with these new materials, for example concrete and asphalt. Appreciated in the bedouin context for its purificatory virtues, sand often becomes unwanted in the city when it invades the house or when it exercises its corrosive power on sophisticated imported objects. Nevertheless, it continues to occupy an important place in the citizen’s imagination and in their leisure practices.
Ce texte explore la relation complexe et dynamique des Sahariens avec le sable et prend l’espace domestique des pasteurs nomades du désert mauritanien comme point d’observation privilégié des interactions entre corps, objets et matière ambiante. Il s’agit de comprendre ce que « faire avec » le sable implique en termes de choix technologiques, de conduites motrices et d’adaptations matérielles au sein de cette cellule familiale minimale qu’est la tente. Si la domestication de cette matière s’inscrit dans un rapport au monde spécifique et est jalonnée de rituels de protection, elle passe surtout par un savoir-vivre sous la tente et un savoir-faire que les individus acquièrent dans leur enfance au contact permanent du sable, mais aussi par la médiation d’objets pensés pour la vie dans ou sur le sable (importance du tissé et des objets à base arrondie). Cette matière ambiante, tantôt solide, tantôt souple voire liquide, donne bien lieu, associée à d’autres exigences comme celle de mobilité, à une culture matérielle spécifique et partagée par l’ensemble de cette société bédouine ouest-saharienne. La sédentarisation et l’urbanisation récentes tendent à brouiller ce style de vie singulier, mettant le sable en concurrence avec ces nouvelles matières que sont notamment le béton et le bitume : valorisé en contexte bédouin pour ses vertus purificatrices, le sable devient souvent indésirable en ville lorsqu’il envahit la maison ou exerce son pouvoir corrosif sur des objets importés sophistiqués ; pourtant, il continue d’occuper une place de choix dans l’imaginaire et les pratiques récréatives des citadins.matérielles au sein de cette cellule familiale minimale qu�est la tente. Si la domestication de cette matière s�inscrit dans un rapport au monde spécifique et est jalonnée de rituels de protection, elle passe surtout par un savoir-vivre sous la tente et un savoir-faire que les individus acquièrent dans leur enfance au contact permanent du sable, mais aussi par la médiation d�objets pensés pour la vie dans ou sur le sable (importance du tissé et des objets à base arrondie). Cette matière ambiante, tantôt solide, tantôt souple voire liquide, donne bien lieu, associée à d�autres exigences comme celle de mobilité, à une culture matérielle spécifique et partagée par l�ensemble de cette société bédouine ouest-saharienne. La sédentarisation et l�urbanisation récentes tendent à brouiller ce style de vie singulier, mettant le sable en concurrence avec ces nouvelles matières que sont notamment le béton et le bitume?: valorisé en contexte bédouin pour ses vertus purificatrices, le sable devient souvent indésirable en ville lorsqu�il envahit la maison ou exerce son pouvoir corrosif sur des objets importés sophistiqués?; pourtant, il continue d�occuper une place de choix dans l�imaginaire et les pratiques récréatives des citadins.
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