Cette étude se fonde essentiellement sur des sources ethnographiques. Les seuls témoignages dont nous disposons portent sur le monde rural. Ce sont les normes de l'Église orthodoxe qui prédominent ; elles montrent une grande méfiance à l'égard de tout risque de mariage consanguin et une réelle suspicion à l'égard des remariages ; pourtant, ceux-ci étaient nombreux : 22,9 % en 1867 ; 19,2 % en 1885. La tradition voulait que, sitôt l'âge légal atteint — 16 ans pour les femmes, 18 ans pour les hommes en 1830 — , la jeune fille soit mariée au plus vite. En 1910 encore, 30,8 % des hommes et 54,5 % des femmes se marient avant 20 ans ; cependant, en ville des comportements nouveaux voient le jour. En principe, le choix du conjoint n'appartient pas à la jeune fille et le rôle du père est décisif. Mais on a souvent confondu le rituel et la réalité. Il a toujours été rare, et il est devenu de plus en plus rare, que la décision parentale passe outre à un refus de la fille : son assentiment est une part intégrante du processus de décision. Même si son choix s'opère dans une marge étroite par suite des contraintes de la géographie, de la parenté, de l'âge et de la pression familiale..., de nombreux exemples montrent que l'autonomie de choix de la jeune fille est plus grande qu'on ne le croit généralement.
Traditionally, in the Orthocox Church, young men and women married once they legally became adults (at the age of 16 for women and 18 for men in 1830). In 1910, 30.8 % of the men and 54.5 % of the women married before the age of 20. The choice of a husband was generally made by the girl's father, although only in rare instances would the choice be at variance with the girl's own wishes. The choice of a spouse was always conditioned by geographic, familial, and age constraints ; nonetheless, girls had more autonomy in choosing their husbands than has been generally believed.
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