The depictions of the herald of arms that Chrétien de Troyes or the Histoire de Guillaume le Maréchal provide do not seem to suggest any kind of relationship between these non-conformists and the lord troubadour Bertran de Born.Yet, in his earliest songs of war, he performs a somewhat similar function when the Count of Toulouse and the heir of the King of England ask him to be their spokesman to call upon their potential allies for the combats ahead. The poet-soldier spares no argument to convince them, explains the situation with clarity and brings out the interest and the glory they will find in it.At any rate, besides the fact that the rank of the lord of Hautefort does not place him in a position of total dependence, his state of mind is far away from any kind of servility: his awareness of his moral and literary value prompts him to embrace an aristocratic ideology based on the chanson de geste above all things, and he claims for himself the right to criticize any lord, even any king, who neglects its rules, even if he pays for it dearly.
Quand on voit la représentation que Chrétien de Troyes ou l’Histoire de Guillaume le Maréchal donnent du héraut d’armes, on ne songe guère qu’il puisse exister des rapports entre ces marginaux et le seigneur-troubadour Bertran de Born. Or, dans ses premières chansons de guerre, celui-ci exerce pourtant une fonction assez semblable puisque le comte de Toulouse et l’héritier du roi d’Angleterre lui demandent de se faire leur porte-parole pour convoquer d’éventuels alliés aux combats qui se préparent. Le poète-soldat n’omet aucun argument pour convaincre ceux-ci, expose la situation avec lucidité et fait bien ressortir l’intérêt et la gloire qu’ils y trouveront. Toutefois, outre que le rang du seigneur d’Hautefort ne le place pas dans une position de totale dépendance, son état d’esprit est bien loin de toute servilité : la conscience qu’il a de sa valeur morale et littéraire le pousse à obéir avant tout à une idéologie aristocratique fondée sur la chanson de geste et il s’arroge le droit de critiquer tout seigneur, tout roi même, qui manquerait à ses règles, même quitte à le payer bien cher.
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