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Un Cadavre qui donne des «signes de vie»: Le cas de l'enfant mort-né au sanctuaire à répit

  • Autores: Jacques Gélis
  • Localización: Techniques et culture, ISSN 0248-6016, Nº. 60, 2013, págs. 44-59
  • Idioma: francés
  • Enlaces
  • Resumen
    • English

      The birth of a stillborn child has always been deeply traumatic for parents. In past centuries, when the Catholic Church regarded the destiny of the soul as highly important, parents would willingly expose the little corpse to the miraculous Virgin in the anticipation of signs of life which would allow for a saving baptism: its soul was saved et and the little corpse could then be buried in consecrated ground rather than being discarded. This ‘respite’ or period of limbo between two deaths was dealt with according to an immutable ritual.

      The remains of several children would remain in a respite sanctuary during days or even weeks, while pilgrims surveyed their behaviour. Any changes to the appearance of the body such as the release of bodily fluids or the perception of heat and colour were considered as signs of a return of life. The anguish of the family or the community after the birth of the stillborn child would then be replaced by the renewed enthusiasm of the religious community. The body was normally buried in the graveyard next to the sanctuary. Later on, the parents would ensure to pay tribute to the Virgin Mary by offering an ex-voto in celebraion of the miracle. From 14th to 19th century, many thousands of children corpses have been exposed in France, Belgium, Switzerland, Austria, southern Germany and northern Italy. Although medical practitioners (midwives, surgeons, doctors) remained sympathetic to the miracle for a long time, their position changed from around 1730-1740 onwards. Henceforth, saving the child at birth became the priority rather than simply post-mortem medical intervention.

      The Catholic Church, on the other hand, have always been ambiguous on what stance to adopt regarding the fate of the condemned souls of stillborn children. While parish priests could often show tolerance and even complicity towards ‘respite’ pratices, the ecclesiastical hierarchy were mistrustful and judged them as being tainted by occultism and delusion. Besides the importance of the Christian sacraments, these long lasting behaviours of rural society.

    • français

      La venue au monde d’un enfant mort-né a toujours constitué pour le couple un profond traumatisme. Aux siècles passés où la destinée de l’âme était si importante dans le monde catholique, les parents recouraient volontiers à l’exposition du petit cadavre devant une Vierge miraculeuse dans l’espoir de lui voir donner les «  signes de vie  » qui autorisaient le baptême salvateur  : l’âme était sauvée et le cadavre pouvait alors être enterré en terre consacrée et non pas mis au rebut. Ce «  répit  » entre deux morts, puisque le corps de l’enfant redevenait cadavre après le miracle, se déroulait selon un rituel immuable. Dans le «  sanctuaire à répit  », pouvaient voisiner pendant des jours, voire des semaines, les dépouilles dénudées de plusieurs enfants exposés, dont les pèlerins surveillaient le comportement. Le retour de la chaleur et de la coloration du corps, les mouvements des membres, les épanchements aqueux et sanguins étaient interprétés comme des signes véritables de retour à la vie. À l’angoisse de la famille et de la communauté après la venue d’un enfant mort succédait l’enthousiasme des pèlerins. Le corps était ordinairement enterré dans le cimetière qui jouxtait le sanctuaire. Plus tard, les parents ne manqueraient pas de rendre hommage à la Vierge en offrant un ex-voto célébrant le miracle. Du xiv e au xiv e siècles, des milliers et des milliers de cadavres d’enfants mort-nés ont été ainsi exposés en France, Belgique, Suisse, Autriche, Allemagne du sud et Italie du nord. Si les praticiens (accoucheuses, chirurgiens et médecins) ont longtemps accepté de cautionner le miracle, ils commencent à prendre leurs distances à partir des années 1730-1740. Désormais, ce n’est plus le cadavre de l’enfant qui justifie leur intervention  ; ce qu’ils veulent c’est sauver l’enfant à sa naissance. L’Église de son côté a toujours été très divisée sur l’attitude à tenir à l’égard des enfants mort-nés voués au néant. Autant les curés faisaient volontiers preuve de tolérance voire de complicité à l’égard des «  répits  », autant la hiérarchie se montrait méfiante à l’égard de pratiques qu’elle jugeait entachées de magie et de tromperie. En fait, derrière la question du sacrement chrétien se devinent des comportements qui ont longtemps caractérisé le monde rural  : croyance à la «  chasse sauvage  » et volonté de restaurer par un rituel approprié l’équilibre un instant rompu de l’ordre du monde, puisque la naissance d’un enfant mort est toujours interprétée par la communauté comme le signe annonciateur de quelque calamité naturelle.


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