Cet article présente à propos de la notion d'empire une synthèse qui souligne les vertus et les limites du comparatisme en histoire. Il comprend trois parties : un bilan historiographique provisoire, une analyse critique du comparatisme appliquée à la notion d'empire et un tableau de l'Empire romain comparé aux autres empires. Y est mis en particulier en exergue à partir de l'exemple romain le récent déplacement des perspectives qui a conduit l'historiographie contemporaine à distinguer l'analyse du phénomène de l'impérialisme de l'étude des formes revêtues par l'État impérial. La comparaison montre que si l'Empire romain partage avec d'autres empires une série de points communs (dilatation de l'espace à contrôler, prétention à l'universalisme, identité « impériale »), il possède deux traits spécifiques qui le rendent naturellement et définitivement unique : à savoir la forte attractivité de Rome et une forte intégration des territoires conquis passant par une diffusion de la citoyenneté romaine d'abord aux élites civiques locales, puis à partir de 212 à tous les habitants libres de l'Empire
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