Jordanès, historien d'origine illyrienne qui commence de nos jours à avoir meilleure réputation, donne à ses deux ouvrages, les Romana, une histoire du peuple romain, et les Getica, une histoire des Goths, des conclusions, en apparence, différentes, mais, dans les faits, complémentaires. C'est la description détaillée de la bataille des champs Catalauniques dans les Getica qui nous fournit un indice de l'apparente polarité des deux conclusions. Cette description de la bataille, livrée dans un style épique et plein d'allusions à Virgile, prend position sur trois points de manière saisissante : il faut combattre de front, il faut que la décision d'aller en guerre revienne finalement à l'empereur et il faut savoir saisir les occasions de faire la guerre. Ces points de vue reflètent les préoccupations contemporaines (VIe siècle), plus particulièrement au sein de l'élite constantinopolitaine, à propos de la guerre contre les Goths, comme l'attestent en partie les ouvrage de Procope et de Marcellin
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