Ayuda
Ir al contenido

Dialnet


Tumeur à cellules plasmocytoïdes dendritiques blastiques révélée par des lésions ecchymotiques du visage

  • Autores: Kouadio Célestin Ahogo, M. Wantz, M. Cliquennois, P. Gosset, D. Lebas
  • Localización: Annales de dermatologie et de véneréologie, ISSN 0151-9638, Vol. 141, Nº. 1, 2014, págs. 43-47
  • Idioma: francés
  • Texto completo no disponible (Saber más ...)
  • Resumen
    • Résumé Introduction La prolifération tumorale cutanée maligne CD4+CD56+ était dénommée " hématodermie CD4/CD56 ". Les travaux les plus récents ont montré que la maladie se développait à partir des cellules plasmocytoïdes dendritiques. Cette tumeur a donc été rebaptisée " tumeur à cellules plasmacytoïdes dendritiques blastiques " (TCPDB). Il s'agit d'une maladie agressive de mauvais pronostic, se comportant à plus ou moins court terme comme une leucémie aiguë.

      Observation Un homme de 65 ans, sans antécédents particuliers, consultait pour une lésion latéro-cervicale gauche d'aspect ecchymotique évoluant depuis un an. Un traitement par dermocorticoïdes avait échoué. Des biopsies avec typage lymphocytaire permettaient de poser le diagnostic de TCPDB. À l'examen histopathologique, les pièces biopsiques montraient un infiltrat fait de cellules de taille moyenne à grande. L'examen immuno-histochimique était remarquable par l'absence d'expression des marqueurs des lignées lymphocytaires T et B. En revanche, les cellules tumorales exprimaient CD4, CD56 et TCL1. Un bilan d'extension de la maladie était normal. Une prise en charge thérapeutique par chimiothérapie en collaboration avec des hématologues était instituée. Une autogreffe de moelle a ensuite été réalisée.

      Discussion La TCPDB est une hémopathie maligne rare, qui se singularise par une atteinte cutanée inaugurale, les manifestations systémiques ne survenant que bien plus tard. L'examen histopathologique d'une pièce de biopsie cutanée avec immunomarquage permet d'établir le diagnostic. Sur le plan phénotypique, la population tumorale est très caractéristique. Les cellules n'expriment pas les antigènes des lignées lymphocytaires T et B. En revanche, elles expriment CD4, CD56 et TCL1, qui sont les marqueurs des cellules dendritiques plasmacytoïdes. C'est une pathologie de mauvais pronostic évoluant à plus ou moins court terme comme une leucémie aiguë. Les traitements proposés en première intention sont des chimiothérapies utilisées dans les lymphomes agressifs ou les leucémies aiguës. Une greffe de moelle osseuse est parfois réalisée au moment de la première rechute. La survie est en moyenne de 12 mois en cas de chimiothérapie seule, et de 30 mois en cas de greffe après la première rechute. Actuellement, l'allogreffe de moelle faite tôt a démontré qu'elle pouvait augmenter la survie.

      ________________________________________ Summary Background Cutaneous CD4+CD56+ malignant tumor proliferation was previously called "CD4/CD56 hematodermic neoplasm". However, the most recent studies have shown that the disease develops from plasmacytoid dendritic cells and the tumor has been renamed "Blastic Plasmacytoid Dendritic Cell Neoplasm" (BPDCN). It is an aggressive disease with a poor prognosis and behaves like acute leukemia in the short to moderate term.

      Patients and methods A 65-year-old man with no particular history consulted for a left laterocervical lesion of ecchymotic aspect that had appeared one year earlier. Topical corticosteroid therapy had been unsuccessful. Examination of biopsies with lymphocyte typing enabled a diagnosis of BPDCN to be made. At the histopathological level, biopsy showed an infiltrate comprising medium to large cells. Immunohistochemical examination was remarkable for the absence of expression of markers of T- and B-cell lines. However, these tumor cells expressed CD4, CD56 and TCL1. Staging of the disease was normal. Treatment with chemotherapy was initiated in collaboration with a team of hematologists. Autologous bone marrow transplant was then performed.

      Discussion BPDCN is a rare malignant blood dyscrasia. It is distinguished by inaugural skin involvement, with systemic manifestations occurring much later. Histopathological examination of a skin biopsy with immunostaining establishes the diagnosis. In terms of phenotype, the tumor population is highly characteristic. The cells are negative for antigens of T- and B- cell lines. However, these cells express CD4, CD56 and TCL1, which are markers of plasmacytoid dendritic cells. The disease carries a poor prognosis and evolves in the short to middle term in the same way as acute leukemia. First-line treatment consists of the chemotherapy regimens used in aggressive lymphoma or acute leukemia. A bone marrow graft is sometimes performed at the time of initial relapse. Average survival is 12 months for chemotherapy alone and 30 months for transplant after first relapse. Early bone marrow transplantation has been shown to improve survival.

      Mots clés " Ecchymose;

      " Chimiothérapie;

      " Cellules plasmacytoïdes;

      " Hématodermie;

      " Immunophénotypage;

      " CD4;

      " CD56 Keywords " Bruising;

      " Chemotherapy;

      " Plasmacytoid cells;

      " Hematodermic tumor;

      " Immunophenotyping;

      " CD4;

      " CD56 La prolifération tumorale cutanée maligne CD4+CD56+ a été individualisée en 1994 et dénommée " hématodermie CD4/CD56 " par le groupe français d'étude des lymphomes cutanés. Les travaux les plus récents ont montré que la maladie se développait à partir des cellules plasmacytoïdes dendritiques (préDC2) sécrétant l'interféron alpha. Cette tumeur a donc été rebaptisée " tumeur à cellules plasmacytoïdes dendritiques blastiques " (TCPDB) dans la nouvelle classification OMS 2008 des hémopathies [1]. Cette pathologie rare se caractérise par son tropisme cutané prononcé, une expression des antigènes CD4 et CD56 et une négativité des principaux marqueurs des lignées lymphocytaires T et B [2]. L'atteinte cutanée est presque toujours le premier signe de la maladie, d'où l'importance de la connaissance de cette hémopathie par le dermatologue. Il s'agit d'une maladie agressive de mauvais pronostic, se comportant à plus ou moins court terme comme une leucémie aiguë.

      Nous rapportons le cas d'un patient de 65 ans présentant des plaques purpuriques d'évolution chronique du visage et du tronc, chez qui les examens histologiques et immunologiques ont permis de confirmer le diagnostic de TCPDB.

      Observation Un homme de 65 ans en bon état général, sans antécédents particuliers, consultait en avril 2012 pour une lésion latéro-cervicale gauche d'aspect ecchymotique évoluant depuis un an (Fig. 1). Les diagnostics cliniques de sarcoïdose, d'angiosarcome ou de lichen pigmentogène avaient été évoqués. Un traitement par dermocorticoïdes avait échoué. L'évolution était marquée par la survenue de nouvelles plaques ecchymotiques du front et du thorax (Figure 2 and Figure 3). Une biopsie cutanée avec examen histopathologique montrait une prolifération tumorale faisant suspecter en premier lieu un lymphome. L'examen de nouvelles pièces biopsiques avec typage lymphocytaire permettait de poser le diagnostic de TCBDB. Les pièces biopsiques montraient un infiltrat fait de cellules de taille moyenne à grande. Ces cellules possédaient un noyau irrégulier, plusieurs nucléoles avec une chromatine fine, et un cytoplasme peu abondant (Figure 4 and Figure 5). L'examen immuno-histochimique était remarquable par l'absence d'expression des marqueurs des lignées lymphocytaires T et B. En revanche, ces cellules tumorales exprimaient CD4, CD56, CD43, CD123, BDCA2/CD303 et TCL1 (Figure 6 and Figure 7). L'étude en biologie moléculaire ne mettait pas en évidence de clone T ou B, ni dans la prolifération tumorale ni dans le sang. La tomographie avec émission de positons (TEP-scanner) montrait un hypermétabolisme au niveau d'une seule lésion cutanée. Un bilan d'extension de la maladie, comprenant des examens biologiques, une tomodensitométrie (TDM) thoraco-abdominopelvienne, un médullogramme et une biopsie ostéo-médullaire, était sans anomalie.

      Figure 1.

      Lésion en plaque purpurique, ecchymotique avec un centre légèrement infiltré de siège latéro-cervical gauche.

      Figure options Figure 2.

      Lésion maculaire unique à bords mal limités, d'aspect ecchymotique du front, débordant légèrement sur le cuir chevelu.

      Figure options Figure 3.

      Quatre nouvelles lésions ecchymotiques grossièrement arrondies, à bords nets du thorax.

      Figure options Figure 4.

      Aspect histologique montrant une infiltration dermique massive sans épidermotropisme de cellules tumorales.

      Figure options Figure 5.

      Aspect histologique montrant des cellules tumorales de forme et de taille variables. Ces cellules possédaient un noyau irrégulier, plusieurs nucléoles avec une chromatine fine, et un cytoplasme peu abondant.

      Figure options Figure 6.

      Examen immuno-histochimique positif avec l'anticorps anti-CD4.

      Figure options Figure 7.

      Examen immuno-histochimique fortement positif avec l'anticorps anti-CD56.

      Figure options Une prise en charge thérapeutique en collaboration avec des hématologues était instituée. Elle consistait en l'administration de cures de méthotrexate à hautes doses associées à de l'asparaginase dexaméthasone. Une rémission complète des lésions était obtenue au bout de quatre cures. Une autogreffe de moelle était ensuite réalisée. Le recul est de 6 mois et aucune récidive n'est notée à ce jour.

      Discussion La TCPDB, autrefois dénommée hématodermie CD4+/CD56+, est une affection rare survenant autour de la soixantaine. Quelques cas pédiatriques ont cependant été rapportés [3]. Cette pathologie hématologique se singularise par une atteinte cutanée inaugurale très souvent isolée, les manifestations systémiques ne survenant que bien plus tard. Il s'agit de nodules et de plaques ecchymotiques uniques ou multiples pouvant parfois faire discuter un lymphome ou un angiosarcome [4] and [5]. L'examen histopathologique d'une pièce biopsique cutanée avec immunomarquage permet d'établir le diagnostic. La prolifération est composée de cellules de taille moyenne, assez monomorphes, sans épidermotropisme. Sur le plan phénotypique, la population tumorale est très caractéristique. Les cellules n'expriment pas les antigènes des lignées lymphocytaires T (CD3, CD5) ni B (CD2O, CD79), ni ceux des lignées myéloïdes et monocytaires. En revanche, elles expriment CD4 et CD56 [6] and [7], ainsi que CD123, TCL1 et SPIB, qui sont les marqueurs des cellules dendritiques plasmacytoïdes [8]. Cette pathologie correspond certainement à la transformation et à la prolifération d'un précurseur commun aux lymphocytes et aux cellules dendritiques. Le début fréquent par une atteinte extra-hématologique, notamment cutanée, pourrait s'expliquer par l'expression par les cellules tumorales d'un antigène provoquant le homing des cellules dans la peau [9] and [10].

      C'est une maladie de mauvais pronostic, évoluant à plus ou moins court terme comme une leucémie aiguë. Les traitements proposés en première intention sont des chimiothérapies utilisées dans les lymphomes agressifs ou les leucémies aiguës ; une greffe de moelle osseuse est parfois réalisée au moment de la première rechute [11] and [12]. Quel que soit le type de chimiothérapie entrepris, une bonne réponse initiale est de règle, avec régression voire disparition complète des lésions cutanées. Des cas de régression spontanée sont décrits mais la rechute est constante. Cette rechute rapide se manifeste par une récidive cutanée et la survenue rapide d'une atteinte hématologique avec une phase leucémique et un envahissement médullaire associé parfois à une atteinte du système nerveux central [13].

      La survie est en moyenne de 12 mois en cas de chimiothérapie seule, et de 30 mois en cas de greffe après la première rechute. Actuellement, la prise en charge thérapeutique est en constante amélioration. Il est nécessaire d'envisager rapidement une transplantation de cellules hématopoïétiques. En effet, l'allogreffe, si elle est faite tôt, a démontré qu'elle pouvait entraîner de très longues rémissions et donc augmenter la survie des malades [14], [15] and [16]. Notre malade a bénéficié d'une chimiothérapie à base de méthotrexate haute dose associé à l'asparaginase dexaméthasone pendant 4 cycles, aboutissant à une régression complète des lésions cutanées. Une greffe de moelle osseuse a secondairement été réalisée sans attendre la rechute. Cette thérapie a permis un contrôle de la maladie sans aucune atteinte systémique ni récidive cutanée après 6 mois de recul.


Fundación Dialnet

Dialnet Plus

  • Más información sobre Dialnet Plus

Opciones de compartir

Opciones de entorno