Las categorías que se utilizan en ciencias sociales para describir y analizar los fenómenos relacionados con "la inmigración" han sufrido transformaciones profundas durante estos ultimos aňos. Creadas después de un siglo de uso exclusivo de clasificaciones según nacionalidad juridica, el uso de categorías de inmigrantes marcó una primera ruptura con la tradición estadística francesa.
Las clasificaciones según origen, es decir ascendencia, de los individuos, se están desarrollando rápidamente, y anuncian una segunda ruptura, todavía más decisiva. Estas evoluciones se producen en un contexto de inadaptación de los sistemas de registre y de codificación, que fueron construidos para responder a preocupaciones distintas, escasamente cientificas.
El articulo revisa la historia de las clasificaciones de poblaciones vinculadas a la inmigración, con el objetivo de entender el desfase existente entre las clasificaciones establecidas por las instituciones estadísticas y las inquietudes cientificas sobre la cuestión migratoria y sus consecuencias a largo plazo sobre la sociedad francesa. Esta revision permitirá mostrar la influencia del modelo nacionál sobre las categorías que se han utilizado en ciencias sociales. En la segunda parte del articulo se evalúan los limites y posibilidades de las diferentes categorías utilizadas en los estudios cuantitativos sobre fenómenos sociales relacionados con los "inmigrantes" о las personas "descendientes de la inmigración". Por ultimo se discute la construcción de categorías relacionadas con el origen, normalmente étnico, de los individuos; este análisis se basa en una recopilación no exhaustiva de explotaciones de encuestas recientes.
Les catégories mobilisées en sciences sociales pour décrire et analyser les phénomènes liés à «l'immigration» ont connu de profondes transformations ces dernières années. Venant après plus d'un siècle d'usage exclusif du classement par nationalité juridique, l'utilisation de la catégorie des immigrés a marqué une première rupture avec la tradition statistique française. Les références à l'ori gine, c'est-à-dire à l'ascendance des individus, connaissent désormais des développements rapides, ce qui annonce une seconde rupture encore plus décisive. Ces évolutions se produisent dans un contexte d'inadaptation des systèmes d'enregistrement et de codification construits pour répondre à des préoc cupations différentes, et finalement fort peu scientifiques.
Pour comprendre le décalage qui s'institue entre l'encodage pratiqué par l'institution statis tique et les questionnements scientifiques portant sur le fait migratoire et ses conséquences à long terme sur la société française, nous nous proposons de revenir sur l'histoire de la classification des populations liées à l'immigration. Ce rapide aperçu nous permettra de mettre en évidence l'em preinte du modèle national sur les catégories utilisées en sciences sociales. La seconde partie de l'article est consacrée à l'évaluation des limites et potentialités des différentes catégories utilisées dans les études quantitatives traitant de phénomènes sociaux où sont impliqués des « immigrés » ou des personnes « issues de l'immigration ». Les problèmes posés par la construction des catégor iesfa isant référence à l'origine, le plus souvent ethnique, des individus seront abordés à partir d'une compilation non exhaustive des exploitations d'enquêtes récentes.
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