Trois décennies de récession, de répression institutionnelle, puis d’offensive idéologique néolibérale ont profondément altéré les mouvements sociaux classiques d’Amérique latine. Ces mouvements – paysans, ouvriers et étudiants – étaient unis au sein d’un même projet « national démocratique » et « développementaliste », qui visait la constitution d’un Etat social à l’intérieur d’une forme de capitalisme indépendant vis-à-vis des pays du Nord. Durant les années 1980 et 1990, de nouvelles forces sociales ont émergé – mouvements d’habitants des quartiers pauvres, mouvements de femmes, mouvements indigènes… – qui imposent de nouveaux thèmes à l’agenda des luttes sociales, sans pour autant rompre avec la critique du capitalisme. L’internationalisation des luttes sociales – depuis Seattle et Porto Alegre –, l’articulation des mouvements sociaux classiques et nouveaux, ainsi que les victoires récentes de partis de gauche sont les premiers signes de la reformulation d’un nouveau projet historique, d’un programme alternatif devant mettre un terme à la domination brutale du capitalisme financier.
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