En Amérique latine, les majorités populaires (la pauvreté atteint plus de 60% de la population) réclament haut et fort le changement. L’amplitude du rejet du néolibéralisme et des partis traditionnels met du vent dans les voiles de la gauche. Pour autant, les contradictions générées par le capital ne mènent pas automatiquement à des défaites politiques de la droite ni à des victoires de gauche synonymes de réelles possibilités de changement. Dans ses différentes expériences récentes de pouvoir au niveau local, si elle a sans conteste renouvelé les pratiques en matière de citoyenneté politique, la gauche est rarement parvenue à remettre en cause les impératifs de « gouvernabilité démocratique » qui servent d’arguments aux élites pour justifier le statu quo. La survalorisation de l’espace local qui prévaut d’ailleurs depuis le début des années 1990, dans les secteurs dominants comme dans une certaine gauche, est lourd d’ambiguïtés. La capacité de la gauche au pouvoir, national ou régional, à dépasser la logique de la « bonne gouvernance » repose sur la profondeur de son ancrage dans des mouvements sociaux autonomes, porteurs de projets politiques radicaux.
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