On assiste aujourd'hui a une crise des paradigmes, non seulement dans la théologie de la libération, mais aussi dans les sciences sociales en général, a cause d 'une transformation rapide des sociétés latino-américaines, sous l'influence des politiques néo-libérales. Le concept de pauvre, dont le contenu sociologique était peu consistant, ou celui d'opprimé, semblentremplacés parcelui d'exclu. Eneffet, dans le systeme néo-libéral, le pauvre est devenu un c'!tre superflu, une «foule inutile», car non-consommatrice. La crise des paradigmes est d 'autant plus forte dans la théologie de libération, que celle-ci a été parcourue par un esprit messianique. En effet, elle est passée du concept de sous-développement a celui de dépendance et de libération, mais son illusion fut de croire que le processus de conscientisation était destiné a croitre dans les masses populaires et que l 'Église des pauvres deviendrait une réalité généralisée. Cela relevait d'un certain volontarisme politique et pastoral. Il en fut de mcême pour la solidarité, qui ne s 'est pas avérée un processus qui allait de soi. Il en résulte aujourd'hui des positions di verses, plus ou moins optimistes ou pessimistes sur I' avenir. Chez plusieurs, cela tend a faire accepter l'idée que le marché est inévitable et a les rapprocher des positions d'un Anthony Giddens: le pauvre cesse d'c'!tre un su jet historique de libération pour devenir le référent d 'une éthique politique
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