Dans les sociétés contemporaines, l'individu prévaut sur la responsabilité social e. Le sens commun de notre époque est que «la société, celan 'existe pas», comme le disait Mme M. Thatcher. Or, l'etre humain est social. Mais la société est opaque et il faut faire un effort pour la comprendre. Le fonctionnalisme la per9oit comme un organisme et tout dysfonctionnement doit etre banni (d'ou les exclusions). D'autres (la démarche dialecticostructurale ), la conçoivent comme un lieu de conflits. Aujourd'hui, les théories, dans leur aspect exclusif, ne suffisent plus a interpréter la réalité sociale, d'ou une crise des parametres. Or, il faut des instruments pour comprendre les sociétés, des concepts descriptifs, analytiques, normatifs, afin de replacer constamment les faits individuels au sein du tout dont ils font partie. Dans le monde actuel, il existe une tension entre un processus de mondialisation et des résistances qui restent locales. Ces mouvements se produisent a l'intérieur du systeme et peuvent toujours etre cooptés par ce dernier. Ils créent des tensions entre forces systémiques et forces antisystémiques. Or, il ne suffit pas de les décrire, il faut aussi les comprendre et e'. est ici que le concept de société civile devient utile. Pour A. Gramsci, lutteur social et politique, la structure économique forme la base de la société. Elle tend aujourd'hui a envahir tous les autres domaines de la vie sociale. Or, le marché, qui est une construction sociale, produit, avec l'absolutisation de ses lois, l'exploitation sociale en meme temps qu'il postule, soit la cooptation des divers acteurs sociaux, soit leur neutralisation par la force, e' est a dire le recours a l 'État dont la fonction est de canaliser l'hégémonie et la coercition des classes dirigeantes sur les classes subalternes.
La structure économique exerce ainsi son action sur l'État, qui établit des rapports tendus avec la société civile (les deux éléments de la superstructure ).
C'est, en effet, en son sein que se situent les associations susceptibles de représenter plusieurs formes d'intérets et de les défendre contre les invasions de la structure économique ou du systeme politique. L'autonomie (relative) de la société civile avait bien été mise en lumiere par A. de Tocqueville, dans son observation de la société américaine du début du XIXº siècle. La société civile est done bien le lieu des associations oscillant entre cooptation et résistance face aux envahissements du marchand ou du prince. Le sens commun consiste a partager l'idéologie dominante par pragmatisme, le bon sens a donner une direction consciente a l'action. A cet effet, le róle des intellectuels est central. Au service de l'idéologie dominante, ils sont des intellectuels traditionnels, a celui des classes subalternes, ils sont des intellectuels organiques. La lutte idéologique au se in de la société civile, dans le but de construire une contre hégémonie est aussi importante que la conquete de l'État. A cet effet, il est important de respecter l'autonomie des processus qui caractérisent la société civile.
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