Pendant longtemps le concept de société civile ne fut utilisé par les intellectuels cubains que pour l 'analyse du développement de la société bourgeoise (le passé) ou en tant qu'instrument de lutte contre le socialisme dans l'écroulement des pays de l'Est. Aujourd'hui, les changements de la société cubaine I 'ont remis en valeur. On assiste, en effet, a une réarticulation sociale, caractérisée par un passage d'une société hautement politisée, largement uniforme dans la répartition des biens et aux rapports sociaux transparents et qui avait considérablement réduit l'espace de l'activité sociale autonome, a la reconnaissance pratique et théorique de cet espace. Ceci est dil a divers facteurs, dont l'apparition d'une économie privée. Le marché contribue a occulter les rapports sociaux, par l'apparition d'espaces noncontrólés par l'État: activités privées, réorganisation du travail. II faut y ajouter la disparité entre différentes branches de l'économie, l'apparition de nouvelles formes de production (Unités de base de production coopérative) et leurs conséquences sur l'échelle des salaires et les politiques égalitaristes qui sont devenues impraticables. L'État n'est plus le seul acteur et un espace nouveau est né, que certains appellent la société civile. 11 en résulte la nécessité d'une expression davantage plurielle de la société cubaine, qui avait déjil commencé a se développer vers le milieu de la décennie 1980. De nombreuses associations sont nées, y compris des organisations appelées nongouvemementales. Cette dynamique, consciente et voulue, n'a pas mené aux désordre et aux incertitudes des pays ex-socialistes de l'Est européen. Elle pose la question, non de la disparition du socialisme, mais de comment le réinventer. D'oil le probleme des rapports entre État et société civile. L'État n 'apparaît pas comme le póle opposé des organisations sociales cubaines. Ces dernieres désirent développer leur action dans le cadre du projet révolutionnaire. Par ailleurs, des ONG internationales collaborent a la solution des nouveaux problemes sociaux. Sans doute le controle vertical que l'État exerc,oa sur la société civile cubaine est-il un élément du changement nécessaire. Ce dernier est en cours, par le biais de la réforme constitutionnelle et ce ne sont pas les pressions extérieures qui favoriseront son cheminement, au contraire. La dynamique actuelle signifie une plus grande diversité, qui pose, de fac,oon nouvelle, la question des rapports entre l'État et la société civile a Cuba.
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