La crise mexicaine donna le premier signal du désajustement et de l'irrationalité dans l'économie mondiale. Le modele libéral a, non seulement polarisé la richesse et augmenté la pauvreté, mais a aussi contribué a ce que le capital s'oriente de plus en plus vers la spéculation financiere, au lieu de s'investir dans des activités productives. La crise éclata ensuite en Asie du Sud-Est et de l'Est. Les Tigres de la premiere génération avaient connu des taux de croissance spectaculaires, mais en décélération depuis le début des années 1990. Ils se mirent a investir dans les Tigres de la deuxieme génération, les coüts de production augmentant chez eux. La débacle financiere commem;a en Thallande et s'étendit a l'Indonésie, a la Malaisie, aux Philippines, puis au restant de l'Asie du Sud-Est et de l'Est, épargnant la Chine. En Thailande, la spéculation se développa surtout dans l'immobilier, provoquant la chute du bath vis-a-vis dudo llar américain et les autres monnaies en subirent le contrecoup. Le FMI intervint pour appuyer le bath. Il fit de meme avec l'Indonésie et plus tard la Corée du Sud, aux conditions habituelles du Fonds. Les dettes extérieures importantes commencerent a poser problemes, vu la diminution des exportations. L 'effet dragan se développa, alors toutes les bourses du monde, y compris Wall Street en furent affectées et les transactions spéculatives se multiplierent. L' Amérique latine, elle-même, commença a en subir les effets, obligée de revoir a la baisse ses prévisions de croissance. Cependant, l'évolution de la crise fut différente selon les pays : Thallande, Philippines, Indonésie, Malaisie et Tigres de la premiere génération : Hong Kong, Corée du Sud, Taiwan et Singapour.
On peut s'attendre a ce qu'elle continue a affecter l'Amérique latine, surtout le Brésil et également les États-Unis. La débacle financiere qui se produisit en Thailande a partir de mai 1997 et son incidence sur les différents pays asiatiques de la région a sur le moment, provoqué l'incertitude et l'intensité des conséquences de ce phénomene sur le reste du monde. En réalité, les experts étaient loin de prévoir l'importance que prendrait cette situation, alors qu'en quelques mois, la dépression des marchés boursiers se manifesta par une perte d'entre un quart et un tiers de leurs valeurs de capitalisation.
Dans cette perspective, l'antécédent que fut la crise financiere du Mexique en 1994, ne reflete pas seulement l'existence de problemes accumulés au sein de l'économie mexicaine, mais constitue le premier signa! des déséquilibres et des irrationalités qu' expérimente l' économie mondiale, révélé par l'état du systeme financier intemational.
Quand l' économiste principal de la Banque mondiale, Guillermo Perri assure que l'unique lelj'.on de cet événement est que dans une économie mondialisée, il est plus difficile de maintenir l'ordre dans la maison et «surtout qu 'il faut veiller a ce que le secteur réel ne soit pas soumis aux risques des échanges», il reconnait tacitement le danger que représente actuellement le divorce total entre les valeurs réelles, c' est-adire la valeur d'usage et celle d'échange, divorce qui avait été prévu par Marx. Cette irrationalité financiere ne constitue que la pointe de l'iceberg, car sous-jacentes, apparaissent les contradictions inhérentes au systeme capitaliste et les résultats moins prometteurs de l' application des politiques néo-libérales pendant pres de 30 années.
Le modele libéral qui a réussi a s'imposer dans l'économie mondiale a, non seulement polarisé la richesse et ne l'a pas distribuée, faisant augmenter le chümage et la pauvreté, mais a aussi contribué au fait que le capital se reproduit chaque fois moins par le biais d' investissements productifs et qu'il s'investit dans la sphere de la spéculation financiere, ou les profits sont beaucoup plus rapides. En meme temps que des centaines de millions d' etres humains sont plongés dans la pauvreté, les secteurs qui concentrent la richesse disposent d'un ex ces de liquidité d' environ 500 milliards d'USD en argent improductif.
Dans ce contexte, pour des économistes de la taille de John Kenneth Galbraith, ce qui s'est passé était en partie prévisible et il déplore le fait que les marchés soient aussi déconnectés de la réalité: «ce qui arriva est inhérent a la nature des marchés et, en particulier, des marchés financiers». Ce qui est certain, c'est que l'instabilité financiere croissante est récurrente et que la gravité de la crise, provoquée non seulement par ce type de capitaux, mais aussi par les déformations structurelles graves, oblige meme les néo-libéraux les plus pointus à considérer la mise en route de mécanismes de controle, puisque dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, le marché et ses lois s'averent incapables - tout comme il y a sept décennies - d'imposer l'ordre et la rationalité.
Outre les problemes globaux qui affectent les économies ou les phénomenes financiers ont pris naissance, il est important d'établir les circonstances spécifiques qui situent ces pays au centre de la crise.
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