La question de l'intluence de l'Islam sur la société indonésienne est á l'ordre du jour. Son retour dans le champ politique fait l'objet de nombreuses discussions. Diverses institutions islamistes populaires ou intellectuelles sont nées ces dernieres années. Pour certains, cela apparalt comme une menace a la démocratie, car l'action des organisations les plus conservatrices ne peut aboutir qu 'a une division plus profonde de la société indonésienne. En fait, les transformations socio-économiques des dernieres années, correspondant surtout a l'établissement de l'Ordre nouveau, par le président Mohammed Suharto, ont posé à l 'Islam le défi de la modernisation et de la sécularisation.
L'émergence d'une nouvelle classe moyenne force aussi l'Islam a adapter ses orientations. Le role traditionnel des leaders religieux s'érode avec la diffusion des nouvelles connaissances. La pénétration de la modernité dans l'Islam a été exacerbée par J'absence de canaux politiques permettant aux masses musulmanes d'articuler leurs aspirations. L'Islam fit J'objet de suspicion de la part du pouvoir politique et, parfois meme, de répression. Les élites politiques utiliserent plusieurs moyens pour éviter qu' il prenne de l'importance dans le champ politique. La réponse des leaders religieux alla du refus de toute collaboration avec l'État jusqu'a l'accommodation avec ce dernier. Les trois voies principales, dans ce domaine, furent les suivantes :
soit structurer l'Islam en fonction des orientations de l'État corporatiste, soit le faire en dehors de l 'État mais en relation étroite avec les élites au pouvoir, soit organiser l'Islam en collaboration avec d'autres forces de la société civile, pour renforcer la société indonésienne. La premiere voie opte pour une stratégie de réformes par le sommet et risque de s'identifier avec le régime au pouvoir. La deuxieme, a laquelle se rallient pas mal d'intellectuels, désire établir un puissant réseau a l'intérieur et a l'extérieur de l'État, pour mener leurs stratégies et réaliser leurs programmes d'islamisation. Sa base sociale se situe surtout dans les classes moyennes urbaines. L'idée est que l'Islam n'est pas incompatible avec la modernité et que cette derniere peut etre réislamisée. Mais elle risque d'affecter les relations entre les musulmans et les autres groupes, dans la société. La troisieme voie próne l'intégration dans la société globale, arguant que les musulmans doivent reconnaltre la pluralité de la société et qu'ils ne sont qu'une des composantes de cette dernière. Ce serait tout a leur avantage, car cela leur permettrait de construire un espace commun avec d'autres pour l'élaboration d'une société moderne, démocratique et juste. Cette tendance propose une stratégie par le bas et tend it etre critique vis-a-vis du pouvoir. Un nombre croissant d'organisations de base et notamment estudiantines se prononcent en sa faveur, de meme que les ONG qui réunissent musulmans et non-musulmans. Il y aura des obstacles a sa consolidation, tant de la part de l'État que de l'intérieur de l'Islam indonésien. La faiblesse de la classe moyenne fortement dépendante de l 'État forme l'un d'entre eux. Elle a donc peu de chance de devenir majoritaire dans l'immédiat, mais elle gagne en popularité et constitue l'unique voie raisonnable.
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