Décentralisation ne signifie pas nécessairement démocratisation. Elle peut n'etre qu'une pure délocalisation administrative et meme un moyen de mieux assurer un controle central. Pour qu' il y ait vraiment gestion local e des intérets collectifs, il faut des transferts réels de pouvoirs, une participation citoyenne et une gestion démocratique. En Haïti, la tradition politique est centralisatrice. Apres la chute du duvaliérisme, il y eut une forte revendication décentralisatrice et la constitution de 1987 retlete cette tendance, sans que les lois d'application ne soient votées. Le coup d'État militaire abolit tout essort de ce modele. Aujourd'hui ce sont les CASEC (Conseils d'administration des sections communales) qui sont les organes de la décentralisation. lis disposent d 'une assemblée, véritable parlement local, qui discute les propositions et controle les exécutions. Il n'est pas facile de passer d'un systeme a l'autre, mais le processus est enclenché. Malgré le coup d'État et la crise économique, le réseau local de solidarité forme une base pour les efforts de gestion participative. Il y a cependant de nombreux obstacles a surmonter: la résistance du pouvoir central, le manque d 'un pro jet national défini, l 'emprise de la culture politique, fruit de la dictature, la difficile adaptation des nouveaux acteurs, la faiblesse des organisations de la société civile. Parmi les difficultés concretes, il faut relever les problemes institutionnels, la faiblesse des communes et des sections rurales, le renouvellement de la classe politique, le maintien des mentalités. Les taches qui restent it accomplir sont l'établissement des priorités et des étapes, l'application des réformes institutionnelles, promouvoir la formation, assurer I' autonomie financiere et renforcer la participation.
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