Les marranes chassés du Portugal à la fin du XV siècle et de passage ou établis à Venise, souhaitaient retrouver la pratique de leur religion ancestrale car la croyance en la venue du Messie restait forte. L'institution d'un ghetto dans cette ville, en 1516, permit à certains d'entre eux de s'installer à proximité d'une synagogue et même d'en ériger une. Des exemples de familles marranes ou d'individus isolés illustrent cette relative facilité de séjourner dans cette ville, malgré les procès du Saint-Office, généralement moins sévères que dans la Péninsule Ibérique. En réalité, sous une apparence chrétienne subsistent les "rites de passage" anciens, la circoncision, l'observance de normes alimentaires, celle du shabbat et des principales fêtes religieuses. Finalement, vers la fin du XVI siècle, ces marranes, dits "ponantins" obtiennent le droit de résider à Venise, tout en étant mal considérés par les Juifs du ghetto.
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