Les critiques emploient souvent le vocabulaire de la tragédie pour décrire les oeuvres d¿Ahmadou Kourouma et certains y décèlent même une esthétique romanesque du tragique. Tout texte tragique étant un discours chargé de sentiments et destiné à en susciter d¿autres chez le lecteur, l¿effet qu¿il produit revêt autant d¿importance que sa cohérence interne. C¿est cet effet du message tragique que cet article entend étudier. Il montre que le recours au récit analeptique offre aux personnages l¿occasion de faire un examen de conscience psychothérapique tandis que l¿usage de l¿ironie, du sarcasme et de l¿hyperbole crée la distanciation entre le lecteur et l¿univers de l¿oeuvre et dédramatise le récit. Si l¿on ne peut pas parler de catharsis au sens traditionnel du terme, on pourrait du moins voir un rapprochement entre cette écriture qui démystifie la scène politique et livre les puissants au rire sarcastique des dominés et la catharsis telle que réinterprétée par Bertolt Brecht.
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