El final del siglo XIX se caracterizó por un doble fenómeno: la proliferación de imágenes fotográficas y el auge del travestismo masculino, primero en los escenarios de teatros y salas de conciertos/music-halls, y luego en los espacios públicos. Este artículo busca esta-blecer paralelismos entre estas dos nuevas tendencias, marcadas ambas por la frivolidad, y examinar cómo, inspirándose en ambas, las postales, que vivieron su época dorada entre 1900 y 1914, sirvieron como plataforma para debatir cuestiones relativas al género y la per-manencia de las identidades sexuales. Las estrellas de la época, fueran lesbianas o no, en-carnaban tanto a los personajes ficticios de actrices que se vestían de hombre en novelas decadentes, como a figuras de identificación para una población invisible a la que la pos-tal ofrecía un espacio fantástico para la representación y la expresión de deseos ocultos.
The end of the 19th century was characterized by a double phenomenon: the proliferation of photographic images and the popularity of cross-dressing women, first on the stage, then in the public arena.
The aim of this article is to draw a parallel between these two frivolous innovations, and to show how postcards, which enjoyed their golden age between 1900 and 1914, served as a sounding board for questions about gender and the permanence of sexual identi-ties. The stars of the time, lesbian or otherwise, serve both as embodiments of the fictio-nal actresses in male garb in the decadent novel, and as identifying figures for an invisible population to whom the postcard offers both a fantastical place of representation and an expression of coded desires.
La fin du XIXe se caractérise par un double phénomène : la prolifération de l’image photographique et le développement du travesti masculin, d’abord sur les planches des théâtres et des music-halls, ensuite dans l’espace public. Cet article entend mettre en parallèle ces deux nouveautés marquées au sceau de la frivolité et à voir comment, puisant dans l’une et dans l’autre, les cartes postales, qui connaissent leur âge d’or entre 1900 et 1914, servent de caisse de résonnance à des interrogations concernant le genre et la permanence des identités sexuelles. Les vedettes, lesbiennes ou non, servent à la fois d’incarnations aux personnages fictifs d’actrices qui endossent le costume masculin dans le roman décadent, et de figures identificatoires pour une population invisible à laquelle la carte postale offre un lieu fantasmatique de représentation et d’expression de désirs codés.
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