La France a instauré depuis 2016 le Contrat d'Intégration Républicaine (CIR) pour les immigrants hors UE, offrant 200 à 600 heures de formation en français selon leur niveau, plus quatre demi-journées sur les valeurs républicaines. Cependant, cette politique montre des limites, particulièrement pour les publics en exil les plus vulnérables, peu ou pas alphabétisés, comme le soulignent plusieurs rapports gouvernementaux. De plus, certains groupes comme les demandeurs d'asile ou les personnes installées depuis longtemps en France en sont exclus. Le projet MigraLang s’est penché sur cette problématique en étudiant dans la métropole lilloise l’offre linguistique en FLE combinée à l’analyse de 12 entretiens de formateurs, bénévoles ou salariés, dans différentes structures. Les résultats mettent en lumière 1) la variation de l'offre linguistique selon le statut administratif des apprenants, structurée par différentes politiques publiques (territoriales et nationales), sans garantie de qualité uniforme ; 2) trois défis majeurs : la gestion de l'analphabétisme, les traumatismes liés à l'exil, et les difficultés d'insertion sociale et culturelle. L’étude soulève la question cruciale de la formation des formateurs, qui reste insuffisamment adaptée aux besoins spécifiques de ces publics en France.
In 2016, France introduced the Contrat d'Intégration Républicaine (CIR; Republican Integration Contract) for non-EU immigrants, offering 200 to 600 hours of French language training depending on their level, plus four half-days on republican values. However, this policy has its limits, particularly for the most vulnerable groups in exile, who have little or no literacy skills, as highlighted in several government reports. What's more, certain groups, such as asylum seekers or people who have been living in France for a long time, are excluded. The MigraLang project addressed this issue by studying FLE language provision in the Lille metropolitan area, combined with an analysis of 12 interviews with volunteer and salaried teachers in various structures. The results highlight 1) the variation in language provision according to the administrative status of learners, structured by different public policies (territorial and national), with no guarantee of uniform quality; 2) three major challenges: managing illiteracy, exile-related traumas, and difficulties of social and cultural integration. In particular, the study raises the crucial issue of training for teachers, which is still insufficiently adapted to the specific needs of these groups in France.
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