La double contrainte économico-culturelle contradictoire - « rentabilité » vs « authenticité » ; « adopter la norme » vs « figer la différence »... - à laquelle est effectivement soumis le « tourisme rural » en Afrique est à la fois caricaturale et délétère pour les dynamiques locales, dans chacune de ses deux dimensions. Les néotouristes, ces « anti-touristes » à la mode, en provenance des pays riches et qui entendent se distinguer du tourisme de masse, troquent périodiquement, moyennant finances, leur cadre de vie citadin, moralement stressant et matériellement confortable, contre des valeurs et des modes de vie apaisants, à savoir la simplicité d’une paysannerie agropastorale « archaïque ». Le besoin devenant marché, l’hôte rural du tiers-monde est tenu de s’adapter s’il espère en bénéficier : il sera sécurisant, propre et accueillant côté cour, traditionnel et dépaysant côté jardin. Le dogme libéral s’impose : « la qualité » (normes et méthodes) améliore la productivité et la productivité réduit la pauvreté. A quelles conditions le tourisme rural dans le Sud peut-il être autre chose qu’un créneau porteur à rentabiliser par les opérateurs du secteur ?
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