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Tresser esthétique et politique. Réflexions soufflées par Ana Mendieta

    1. [1] Université de Paris 8
  • Localización: Monograma: revista iberoamericana de cultura y pensamiento, ISSN-e 2603-5839, Nº. 11, 2022 (Ejemplar dedicado a: « I’m Not Your (Dead) Latina ». Ana Mendieta. Reminiscencias políticas y estéticas), págs. 23-45
  • Idioma: francés
  • Enlaces
  • Resumen
    • English

      A visit to Ana Mendieta’s exhibition at the Musée de l’Orangerie in Paris, highlighting some part of her work, offers an opportunity to open up several reflections on the articulations between aesthetics and politics in her work. First and foremost, this paper discusses how the artist’s works exert a power that is above all poetic, soliciting the body of the public and thus acting on the reality, relying on the presence of bodies – real or in the form of tracks – and on the symbolic dimensions of rituals. Knowing Mendieta’s feminist involvement, the question is how the artist provokes a response from her audience to the violence against women. The same feminist commitment and those in favour of the people of Latin America and the Caribbean have generated a prism of interpretation through which Mendieta’s work is rigid and often reduced to the expression of identitarian or even essentialist positions, erasing the fluidity and richness of the possible meanings of his work. The phenomenon appears to be paradigmatic of the situations in which artists in a minority position find themselves. It leads us to examine all the ambiguity of a recognition and visibility that sometimes depends more on the life of the artist than on his or her work; it seems that we cannot yet really get out of the aporias generated by gender.

    • français

      La visite de l’exposition Ana Mendieta au Musée du Jeu de Paume à Paris, qui met en perspective une partie de son œuvre, est l’occasion d’ouvrir plusieurs réflexions ayant trait aux articulations entre l’esthétique et le politique dans son travail. Tout d’abord et en amont, l’article aborde la façon dont les travaux de l’artiste exercent un pouvoir avant tout poétique, sollicitent le corps du public, donc agissent sur la réalité du monde, en s’appuyant sur la présence de corps – réels ou sous forme de traces – et sur des dimensions symboliques de rituels. Sachant les engagements féministes de Mendieta, se pose alors la question des dispositifs mis en place par l’artiste pour provoquer chez son public un engagement face aux violences contre les femmes. Les mêmes engagements féministes et ceux en faveur des populations d’Amérique latine et des Caraïbes ont généré un prisme d’interprétation au travers duquel les œuvres de Mendieta sont figées et souvent réduites à l’expression de positions identitaires, voire essentialistes, gommant la fluidité et la richesse des sens possibles de son travail. Le phénomène apparaît paradigmatique des situations où se trouvent les artistes en position minoritaire. Il conduit à examiner toute l’ambiguïté d’une reconnaissance et d’une visibilité qui repose parfois davantage sur la vie de l’artiste que sur son travail, sans que l’on puisse sortir encore réellement des apories engendrées par le genre/gender.


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